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Soumission
6 mai 2020

Chrysler annonce l’arrivée d’une nouvelle marque, la DeSoto

Si certaines marques automobiles sont là depuis très longtemps, plusieurs sont venues et sont reparties sans laisser de traces, comme DeSoto.

Bien que la fondation de la compagnie DeSoto nous ramène officiellement au 4 août 1928, c’est le 6 mai de cette même année, soit quelques mois plus tôt, que l’annonce de son arrivée fut faite par Chrysler. Avec cette décision, Chrysler réglait un problème qui la tracassait depuis un certain temps déjà, soit celle de pouvoir offrir aux consommateurs un autre produit d’entrée de gamme à l’exception de Plymouth. De plus, la marque Dodge était sur le point d’être acquise par Chrysler, une transaction qui allait ajouter des modèles au groupe. Tout n’était pas clair et encore défini à ce moment précis de l’histoire alors qu’on travaillait à établir une famille de véhicules visant à répondre à tous les besoins. Ce qui l’était, c’est que l’arrivée de la DeSoto Six, la première voiture de la division, venait combler un vide au sein de l’empire que Chrysler mettait tranquillement sur pied. Pour vous donner une idée de l’impact de cette annonce auprès des dépositaires, pas moins de 500 franchisés ont immédiatement fait une demande pour pouvoir offrir les produits de la naissante DeSoto, et ce, sans avoir trop d’informations à propos des nouveaux véhicules qui allaient voir le jour au sein de cette dernière. La production des modèles 1929 a débuté en juillet 1928 et c’est au Salon de New York, au début du millésime 1929, que le public pouvait enfin voir ces créations toutes fraîches. Quant aux choix de couleurs, c’était assez limité alors que le noir était la teinte dominante à l’époque. Prix du premier modèle : 845 $. En fait, on parle ici de la version de base, car sept déclinaisons étaient avancées. Au sommet de la hiérarchie se trouvait une variante DeLuxe qui se vendait 955 $. C’était un peu moins cher que ce qui était offert chez Dodge où la proposition la moins dispendieuse exigeait un déboursé de 925 $. Ça pouvait cependant grimper à 1615 $ pour un roadster. Chez Chrysler, la gamme de prix était tout autre alors que le choix était vaste. S’il était possible de se payer une version de la Série 65 à 1040 $, il était aussi envisageable de se gâter avec des modèles de la Série 75, négociables entre 2675 $ et 3475 $ dans le cas de la limousine. On parle d’une fortune pour l’époque.

Départ sur les chapeaux de roue

Dès le départ, la bannière DeSoto va vivre un succès fou. Au cours des 12 premiers mois, 81 065 véhicules seront livrés, ce qui représentait alors un record pour un modèle qui en était à sa première année. Chrysler (1924), Pontiac (1926) et Graham-Paige (1928) détenaient les marques précédentes. DeSoto va connaître des difficultés au cours des années 30 en raison du krach boursier de 1929, mais elle va survivre. Au total, quelque deux millions d’unités seront assemblées avant qu’on ne mette la clef dans la porte le 30 novembre 1960. Les derniers exemplaires produits portent la signature 1961 et sont porteurs d’un design absolument spectaculaire. La crise économique de 1958 est un des éléments qui a fait très mal à la marque DeSoto qui, en fait, ne s’en est jamais remise. Ironiquement, le record de vente pour un modèle qui en est à sa première année sur le marché sera battu en 1960 par la Falcon de Ford. Aujourd’hui, les DeSoto sont recherchés en raison de leur caractère unique et de leur relative rareté, mais ils ne valent pas une fortune non plus. N’empêche, nombreux sont les collectionneurs qui seraient heureux d’en accueillir sur leur plancher de garage signé Zone Garage.

Quant au nom DeSoto, il a été emprunté à l’explorateur espagnol Hernando de Soto. Un visage stylisé de ce dernier apparaît au cœur du logo de l’entreprise. Dans notre galerie photo, quelques-uns des modèles produits au cours des 32 ans d’opération de la division.